Carignan, Jean | l'Encyclopédie Canadienne

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Carignan, Jean

Comme interprète, sa collaboration avec Alan Mills l'amena au Festival de folklore de Newport (1960) et aux premiers Festivals de folklore Mariposa où il se fit entendre régulièrement jusqu'en 1977. Il participa à de nombreux autres festivals en Amérique du Nord et en Europe.
Carignan, Ti-Jean
Ti-Jean Carignan est le principal ambassadeur de la tradition celte chez les violonneux canadiens-fran\u00e7ais (avec la permission de la Biblioth\u00e8que nationale du Canada). Pour entendre le \u00ab Reel de Lévis \u00bb, un reel traditionnel québécois, cliquez sur le bouton \u00ab Son \u00bb (avec la permission de la Société Radio-Canada).

Carignan, Jean

Jean ou « Ti-Jean » Carignan. Violoneux (Lévis, près Québec, 7 décembre 1916 - Delson, près Montréal, 16 février 1988). D.Mus. h.c. (McGill) 1977, D.Mus. h.c. (Toronto) 1977. Son père, maçon de son métier, était également violoneux. Carignan commença à jouer à quatre ans et, à cinq ans, se produisait déjà aux carrefours de Lévis. Il apprit d'abord le répertoire d'airs traditionnels de son pèreet, à sept ans, entendit un enregistrement de Joseph Allard; quand sa famille se fixa à Montréal, il étudia avec celui-ci (1927-31) et, à l'aide de disques, commença à apprendre les répertoires du violoneux irlandais Michael Coleman et de l'Écossais J. Scott Skinner. Il continua à jouer dans les rues mais, ennuyé par la police, devint apprenti cordonnier à 11 ou 12 ans. Encore adolescent, il se joignit, à Toronto, à l'orchestre de George Wade, les Cornhuskers. Durant environ cinq ans, il y joua du violon et parfois de la clarinette et du saxophone, et participa aux enregistrements des Cornhuskers chez Victor. De retour à Montréal, il dirigea un petit orchestre à la salle de danse Saint-André jusqu'en 1954, et, par intermittence, travailla en usine. Il joua ensuite deux ans dans la région de Montréal avec l'orchestre de danse de Bob Hill. En 1954, ayant décidé de se produire uniquement en concert et dans des festivals de folklore, il devint chauffeur de taxi et le demeura pendant 20 ans.

Comme interprète, sa collaboration avec Alan Mills l'amena au Festival de folklore de Newport (1960) et aux premiers Festivals de folklore Mariposa où il se fit entendre régulièrement jusqu'en 1977. Il participa à de nombreux autres festivals en Amérique du Nord et en Europe. En 1960, il se produisit avec Mills au Carnegie Hall. Le film Jean Carignan violoneux fut réalisé par l'ONF en 1975. Plus tard, Gilles Losier (Tracadie, N.-B., 1936) devint son accompagnateur. Pianiste et violoneux, il avait étudié à la Halifax School for the Blind et fut actif à la fois dans la musique traditionnelle et pop (rock). Au théâtre Maisonneuve de la PDA, en 1976, Carignan dirigea un orchestre (qui regroupait ses frères jumeaux Marcel et Rodolphe, également violoneux) lors de la Veillée québécoise, un programme de chansons et de danses traditionnelles. La même année, André Gagnon composa Petit concerto pour Carignan et orchestre, oeuvre pour deux solistes - un violoneux et un violoniste classique - et reposant sur une analogie pleine d'esprit entre la musique traditionnelle du célèbre violoneux et l'écriture pour violon d'un Vivaldi ou d'un Bach. Carignan et Yehudi Menuhin furent les solistes de l'oeuvre lors de son enregistrement pour une émission de la grande série de la SRC « L'Homme et la musique » télédiffusée en 1979. En 1978, Carignan fut soliste dans Suite Carignan, un ballet basé sur sa musique, orchestration de Donald Patriquin, chorégraphie de Brian Macdonald, présenté par les Grands ballets canadiens. Une surdité croissante le contraignit ensuite à abandonner la musique. Il confia à Nathalie Petrowski : « Je suis sourd parce que j'habite au Québec et que j'ai été obligé de gagner ma vie, de travailler à la shop avec les machines et les marteaux-pilons. »

Acclamé à la fois par les folkloristes et les collègues violonistes (de Louis « Pitou » Boudreault à Menuhin et Szeryng), Carignan a été, parmi les violoneux canadiens-français, le principal protagoniste des traditions celtiques, particulièrement du style dit sligo de Coleman. Son attitude en était une de rigueur absolue lorsqu'il abordait son répertoire de quelque 7000 reels, gigues et autres airs de danse appris de Coleman, Skinner, Allard, Wellie Ringuette et beaucoup d'autres. Il visait toujours la plus stricte authenticité dans ses exécutions. Selon The Folk Music Sourcebook (New York 1976) : « La technique de Carignan est renversante, mais plus encore sont la joie et l'énergie avec lesquelles il s'en sert. Bien peu d'instrumentistes, dans toute musique, ont atteint son niveau de virtuosité sans sacrifier l'expression ou l'originalité. » En 1973, 400 violoneux des États-Unis et du Canada se réunirent à Ascot Corner, au sud de Montréal, afin de rendre hommage à Carignan. Un buste en bois du sculpteur Georges Morissette fut alors dévoilé. Carignan devint membre de l'Ordre du Canada en 1974 et reçut le Prix de musique Calixa-Lavallée 1976.

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Carignan, Jean

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