Projet Mémoire

Glenna Stenning (source primaire)

Ce témoignage fait partie de l’archive du Projet mémoire

Glenna Stenning a rejoint le Service féminin de l'Armée canadienne à l'âge de 15 ans.

Prenez note que les sources primaires du Projet Mémoire abordent des témoignages personnels qui reflètent les interprétations de l'orateur. Les témoignages ne reflètent pas nécessairement les opinions du Projet Mémoire ou de Historica Canada.


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Glenna Stenning à London, Ontario, juin 2012.
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L'extrait en français n'est pas disponible en ce moment. Veuillez consulter l'extrait en anglais.

Transcription

Au bout de quelques années, j’en ai eu assez et j’ai décidé de m’enrôler dans le Service féminin de l’Armée canadienne. L’armée avait mis plein d’affiches qui nous incitaient à nous enrôler, peu importe nos aspirations. On pouvait être bibliothécaire ou n’importe quoi d’autre. J’adorais les livres et je me suis dit que je pourrais être bibliothécaire et rester assise toute la journée à lire des livres.

Quoi qu’il en soit, je me suis rendue à la caserne Wolseley à London en Ontario. C’était en août 1942, mais c’est en février 1943 qu’on m’a appelée. J’ai maquillé mon visage avec cette vieille tartine de maquillage, j’ai remonté mes cheveux sur la tête et j’ai utilisé du mascara et du maquillage pour les yeux. Les jolies filles de Woodstock en Ontario ne se maquillaient pas les yeux à l’époque, mais moi, oui, parce que je voulais avoir l’air vieille. En fait, j’avais l’air d’une vraie tarte.

Quoi qu’il en soit, ils m’ont appelée en février, je me suis présentée à l’entrevue et j’ai dû mentir et dire que j’avais 18 ans. J’ai dit que ma mère avait demandé mon acte de naissance, mais qu’il n’était pas arrivé. La fille qui s’occupait de la paperasse s’est tournée vers son amie et lui a dit qu’elle était trop heureuse pour causer des ennuis à qui que ce soit. Puis elle m’a dit que son petit ami était pilote dans la Force aérienne et qu’il rentrait chez lui en permission. Elle m’a donc enrôlée. Elle a juste coché l’endroit où il était question de l’acte de naissance. C’était vraiment facile! Le 3 mars, j’ai suivi l’instruction de base à Kitchener, en Ontario.

C’était là-bas le premier travail que j’effectuais : trier le courrier et le distribuer. Le but était de donner la chance aux nouvelles filles de se familiariser avec les bureaux et les gens. Il s’est passé des drôles de choses, comme le fait que j’apprenais à une nouvelle fille le parcours du courrier alors qu’elle avait le même âge que moi. Nous étions toutes les deux des enfants. Nous sommes entrées dans le bureau de l’adjudant et c’était un homme très beau, mais sévère avec une petite moustache noire. Il ne souriait jamais. Nous avions donné des noms à tous les officiers et il était Beady Eyes (yeux de fouine). Nous sommes entrées dans le bureau et Marg Parr, sa secrétaire, était là. Nous ne l’avons pas vu. Norma a demandé où était le bon vieux Beady Eyes. Il est sorti du placard et s’est annoncé. Nous nous sommes précipitées vers la porte et nous nous sommes cognées parce que nous avions eu si peur! Nous avons laissé tomber tout notre courrier aussi.

C’était la belle vie, nous avons eu de belles possibilités. J’ai eu des possibilités que mes amies civiles n’ont jamais eues. Par exemple, nous sommes souvent allés aux États-Unis. Mes amies et moi-même sommes souvent allées aux États-Unis et les États-Uniens ont été tellement gentils envers nous. Ils nous ont traitées comme de la royauté. Ils étaient vraiment bien. Par exemple, nous pouvions rester à la United Service Organization (une organisation à but non lucratif qui fournit des services et des divertissements aux troupes) là-bas et lorsque nous allions au restaurant, il y avait toujours des gens qui voulaient nous offrir des boissons ou nous payer la nourriture. C’était génial. Il y avait un aérodrome appelé Romulus Field, près de Detroit, et si vous aviez un congé de quelques semaines et que vous vouliez aller à Los Angeles (Californie) ou à San Francisco (Californie), il vous suffisait de vous rendre à cet aérodrome et de monter dans l’un des avions. Ça ne nous a coûté que 3 dollars pour le parachute. C’était pour remballer le parachute.

La seule chose qui me dérange, c’est que les personnes plus âgées comme moi essaient de donner du prestige à la guerre pour les jeunes et de les y intéresser. Ça me dérange parce qu’il n’y a rien de prestigieux à la guerre.